J’aime la voiture

Mon 4000640282_fabc967ec4_bcôté militant politique est assez connu de mon entourage et de mes connaissances. Cependant, je remarque que passablement de mes points de vue ne sont pas compris, ou mal compris. Voici une donc une occasion de faire le point sur quelques-uns. Aujourd’hui: la voiture.

On assez facilement tendance à me coller l’étiquette d’anti-voiture. Probablement parce que je n’en ai pas et que je prône l’utilisation des transports publics. Alors bien évidement, le jour où j’utilise une voiture on me fait des remarques.1 Comme si le fait d’être “écolo” devait forcément faire de moi un négationniste de la modernité et que je n’aie le droit que de manger des racines et de m’éclairer à la bougie. 2

Ce n’est pas comme ça que je vis. J’utilise même fréquemment une voiture. Que ce soit dans mon travail, ou pour me rendre dans des lieux peu ou pas accessibles en transports publics.3 Et comble de l’horreur: ça ne me pose aucun problème.

Ce qui pose un problème avec la voiture, c’est son utilisation trop massive, pas adaptée ou inutile que l’on en fait. C’est contre ça que je me bats. Et pas contre son utilisation raisonnée et utile, voire indispensable4. Le trajet, tout particulièrement les trajets quotidiens le long des grands axes ferroviaires me semble par exemple un immense gâchis.

Le gâchis est même double. D’une part, avec la diminution des ressources en pétrole, le prix de la mobilité personnelle va augmenter, et ce que je peux faire aujourd’hui à moindre frais, me coutera beaucoup plus cher demain. Mais aussi simplement à plus court terme, circuler sur des routes complètements bondées est un calvaire.

Pendant des années j’ai eu une voiture. Et je criais à tout va que je ne pourrais pas vivre sans, parce que ci, ou parce que ça. Et puis ma voiture est morte. J’ai en pas rachetée une, pour voir.

Alors oui, passer d’un mode de vie avec voiture à un sans voiture, c’est quelques changements à faire.5 Mais je peux vous assurer que c’est possible pour bien plus de monde que vous ne le pensez, peut-être même vous.

Essayez, pour voir.

 

Photo Credit: hubertguyon via Compfight cc

  1. Certains amis le font pour se moquer sympathiquement de moi, ils ne sont pas visé ici []
  2. On reproche d’ailleurs souvent aux “écolos” de vouloir un retour à l’éclairage à la bougie. []
  3. J’utilise passablement le service de partage de voiture Mobility. []
  4. Les verts n’ont jamais demandé au ambulancier de prendre le bus []
  5. Je fais une partie de mes courses en ligne, je dois faire un peu plus attention aux horaires, … []
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8 Responses to J’aime la voiture

  1. Alan says:

    Essayé aussi. Et dans mon cas également, ça marche très bien 🙂
    Depuis, j’aime bien raconter que j’ai renoncé à ma Prius par souci écologique.
    Après, je suis conscient d’être extrêmement privilégié. Cela ne fonctionne que parce que j’habite en ville, je bosse en ville, que les trains suisses sont hyper-fiables, vont pratiquement partout et que nous disposons d’un service de car-sharing exceptionnel avec Mobility…
    J’ajouterais à ton témoignage que j’ai vachement gagné en qualité de vie depuis que j’ai renoncé à ma bagnole… En 2007, je calculais les distances comme si j’étais encore en 1989. Je prévoyais 35 minutes pour me rendre de Lausanne à l’aéroport de Genève alors qu’il m’en fallait souvent 20 pour sortir de Lausanne… Alors forcément, ça stresse…
    Le stress des places de parc est également un vieux souvenir désormais… Et surtout, cette espèce de toute-puissance et cette impatience suprême que même les plus adorables d’entre nous éprouvent presque forcément en prenant le volant.
    Je ne peux que plussoyer, donc. Si le contexte le permet, renoncer à sa bagnole est un acte intelligent à tous les niveaux.

    • xahag says:

      Yep, tout à fait d’accord. Vivre hors des centres urbains implique souvent l’obligation de l’utilisation de la voiture. Mais ce n’est pas un reproche à faire à ceux qui l’utilisent dans ces cas là. On est dans le cas d’une utilisation utile, voire indispensable.

  2. al.jes says:

    Moi aussi, j’ai abandonné la voiture. Sur la remorque d’une dépanneuse, qui l’a sortie du fossé où je m’étais mis lors d’un accident. J’étais peu assuré, en acheter une nouvelle me coûtait trop cher. Finalement, je m’en suis bien passé.
    Récemment, mon frère est parti à l’étranger pour quelques mois. Il m’a proposé sa voiture pendant ce temps. Je n’en ai pas ressenti l’utilité…

    Alors, comme Alan, mon contexte de vie me le permet : j’habite près de mon université et près d’une bouche de métro qui m’emmène tantôt au centre ville pour une ballade, un ciné, un resto, tantôt à la gare où je prend le train pour mes weekends chez les parents ou mes séjours çà et là.

    Finalement, tout cela me coûte moins cher que la voiture avec son assurance et son carburant, ce qui justifie les fréquents restos suscités. Puis en train, on peut ouvrir un livre ; alors qu’au volant…

    • xahag says:

      Le problème du cout est particulièrement marquant. Le voiture coute cher, très cher même. Mais on ne s’en rend pas compte.

      J’entendais dernièrement un commentaire sur la comparaison du prix du billet de transport public et le cout du parking au centre ville. Forcément, quand on ne compare pas l’ensemble des couts, c’est plus facile.

      Une voiture, en suisse dans ma région, coute facilement 2’000.-/an sans avoir fait un seul kilomètre. (Assurance, plaque, place de parc). Mais ça ne voit pas, parce que ce n’est pas payé au même moment, voire pas par les même personnes. Mais peu de gens font vraiment tous les calculs.

  3. Fred H says:

    je ne peux qu’être d’accord avec toi. Faut dire que je n’ai pas le permis, alors la voiture…
    J’avais d’ailleurs fait le même genre de réflexions dans un de mes billets : “Comme je suis Vert, que je n’ai pas le permis, que je fais des commentaires réguliers sur l’utilisation de la voiture, on me prend souvent pour un Ayatollah qui ne jure que par les transports en commun. Je ne suis pas anti-voiture, mais plutôt contre une utilisation abusive de la voiture. Et je pense qu’il faut fortement y réfléchir. Pas seulement pour des raisons écologiques, mais aussi pour des raisons sociales et économiques. La question est double. Il faut non seulement réfléchir à quelle voiture nous utilisons, mais aussi à comment nous l’utilisons.”

    • xahag says:

      Je vois que nous avons les même critiques, et les même réponses, ça fait plaisir. Ce qui le fait un peu moins, c’est de se demander pourquoi il y a encore et toujours ces même critiques qui viennent.

      Je ne désespère pas que cela change.

  4. PYM says:

    Ça fait longtemps que je me suis habitué à vivre sans voiture et j’en suis très heureux. Même avec des jumeaux en bas âge. Quand on a besoin d’une voiture, on loue une Mobility.

    Mais par contre je me demande une chose… Je prends le train tout les matins à 6:20 et dans ces heures là il y a déjà beaucoup de voyageurs. Je ne parle pas des suivants qui sont bondés et les gens qui rentrent dedans comme des animaux… Bref, il y a plus de trains qu’avant, plus de wagons mais comment on ferait si la majorité des automobilistes décidaient de laisser leur voiture ?

    • xahag says:

      Bien évidemment, si tout les automobilistes laissent leur voiture pour prendre le train, les trains deviendraient invivable.

      Cela dit, ça marche aussi dans l’autre sens.
      Et c’est vrai de toutes les situations.

      Ce qu’il faut s’est augmenter la capacité des TP a transporter des gens, dans la région Lausanne-Genève, c’est cette fameuse 3ème voie qu’il nous faut.

      Pour les liaisons de bus vers les villages au abords, il faut prendre un certains nombre de risques. Ouvrir des lignes, augmenter les cadences. Dans la plupart des cas, les usagers vont les utiliser, et dans certains cas, il faudra revenir en arrière.

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