Le théâtre ou l’art de faire qu’une seule chose à la fois

J’entends souvent des témoignages de gens qui se déconnectent. Trop d’informations, trop d’amis, trop de sollicitations finissent par les avoir et ils craquent, ils arrêtent tout.

On voit aussi des agences de voyages qui proposent des vacances “déconnectés”. Ce qui d’ailleurs relève du même mécanisme : l’excès. On fait tout à fond. Soit on est hyper connecté, soit complètement déconnecté.

Mais comme souvent, on entend que peu de commentaires variés, et toujours des extrêmes. Il existe tout de même une majorité de gens pour qui une consommation raisonnable de la connexion est le quotidien. Une majorité qui ne parle pas de son problème parce qu’elle n’en a tout simplement pas. Je pense qu’il faut être tout à fait vigilant avec sa consommation numérique, tout particulièrement avec les enfants((Appliquez la règle 3-6-9-12 http://www.sergetisseron.com/blog/la-regle-3-6-9-12-relayee-par-l)). 

Le plus grand reproche fait à l’encontre des appareils mobiles est qu’il déconnecte les gens du moment présent. Et c’est vrai: le portable permet cet accès instantané à tout sauf ce qui est juste là devant nous. Il y a aussi de ce côté un certain problème, peut-être une tendance que nous autre homo sapiens avons… La vague de Mindfullness pourrait être un indice d’une tentative de mouvement inverse.

Cela dit, il y a tout de même d’autres indices plus parlant. Au théâtre, on ne fait que regarder un spectacle. Au cinéma on ne peut pas mettre sur pause pour aller aux toilettes ou aller chercher son plateau-repas. Il y a une forme de limitation des possibilités qui va à l’encontre du bon sens pour certains. Une restriction (apparente ?) des libertés dont on veut nous faire croire qu’elle va faire se vider les salles de cinéma. Et on dit ça depuis au moins 10 ans. Mais est-ce vraiment le cas ?

Il y a 10 ans, j’allais moi-même un peu plus souvent au cinéma et au théâtre (1-2 par semaine pour chacun). Ce qui compte pourtant, c’est de savoir combien les personnes qui ont 10 de moins que moi aujourd’hui vont au cinéma et au théâtre. Ce que je constate en tout cas, c’est que quand je sors, je ne tombe pas sur des salles vides, et il y a bien longtemps que je n’ai pas vu un cinéma fermer…

Et cela me fait penser que non seulement nous n’avons pas perdu cette capacité à être à un seul endroit à faire une seule chose, mais qu’en plus, c’est un besoin assez ancré pour que nous gardions la vigilance nécessaire au maintien de ce type d’activité.

 

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