La haine de l’étranger, tout simplement

Un de mes proches s’est fait pickpocketter1. Chose il est vrai peu agréable: arrêt des cartes de crédits volées, frais, démarches administratives, pertes de temps, etc.

Je discute autours des circonstances du méfait: Aucune idée. Le moment approximatif a été identifié (du moins le plus probable), mais aucun individu n’a été vu par personne, ni même aperçu. Le mode opératoire2 laisse penser qu’il s’agit d’un vol par métier, organisé par des personnes méticuleuses.

Aucun autre indice.

A la fin de cette conversation, une phrase de mon interlocuteur me laisse pantois:

Je déteste ces gens qui viennent chez nous, qui n’ont pas de travail et qui nous vole.

On passera sous silence la discussion de la présence sous-disant plus importante des étrangers dans nos prisons.3. On passera aussi sous silence la difficulté de surmonter des avis politique très fortement opposé aux siens dans un cercle proche.

Ce qui est vraiment choquant, c’est la facilité avec laquelle, sans preuve, et sans même le début d’une piste, on accuse l’autre, l’étranger. Je parle parfois de ne pas aller trop vite à la conclusion, mais là…

Alors, face à ce genre de comportement que faire? Comment réagir? Et surtout, comment faire changer ce genre de mentalité?

  1. Je ne sais pas si ce verbe existe vraiment []
  2. seul les cartes de crédits et une page du carnet d’adresse papier contenant le mot “code” ont été subtilisés []
  3. Je vous renvoie directement à André Kuhn pour plus d’information. Notamment, l’interview réalisé par Alan et moi pour Podcastscience.fm : http://www.podcastscience.fm/emission/2011/07/13/podcast-science-45-les-sciences-criminelles/ []
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3 Responses to La haine de l’étranger, tout simplement

  1. goette says:

    Salut Xavier,
    Me semble que le moteur qui est derrière la haine de l’étranger, de l’Autre (avec un grand A), des différences d’avec soi, c’est l’angoisse (par définition une peur sans objet défini). Les propos de l’UDC notamment renvoient à une sorte de tentative de chosifier l’angoisse (floue) pour la transformer en peur. Il est plus facile ensuite de prendre position contre sa peur (ex : les étrangers dehors!) plutôt que laisser l’angoisse vous ronger dedans. Il me semble.

    • xahag says:

      Merci de me lire et de ton commentaire. Oui, je d’accord avec toi. Cependant, dans le cas présent, le raccourci qui est fait est tellement violent, qu’il n’y a plus aucune logique. C’est malheureusement une grande victoire de la haine.

  2. je pense c’est une question de l’ordre des sciences sociales liée au comportement de groupe. Dans une situation de crise ou par rapport à des sujets inquiétants l’être humain se renforce dans son groupe. Ça peut être un petit groupe bien défini ou un groupe large et “abstrait”, comme nous les Suisses. Comment réagir? En principe on pourrait tenter à redéfinir ce Nous. Mais c’est évidemment difficile et la construction de ces groupes est dynamiques. Si ce n’est pas la nation c’est le sexe, la conviction politique ou autre chose. Je pense il faut travailler sur la culture générale des gens… C’est pas moins difficile.

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