Espace Privé

DSC_0135Nous voilà partis dans une nouvelle aventure théâtrale. Elle est même doublement nouvelle. D’une part, nous nous lançons dans une campagne de financement participatif, et en plus, il s’agit de théâtre d’appartement.

Il n’est pas évident de financer un projet de spectacle comme celui-ci avec du crowdfunding. Nous espérons toutefois pouvoir réunir de quoi financer nos investissements assez modeste. Dans tous les cas, je me réjouis grandement de voir comment une campagne comme celle-ci va se dérouler et quels en seront les résultats.

Vous avez probablement tiqué sur le terme “théâtre d’appartement” et c’est bien normal, c’est assez peu connu. Le concept est aussi simple que son titre : nous venons jouer chez vous.

Fini les réservations de salles, les contraintes fortes d’agenda et les dispositifs scéniques lourd. Nous sommes mobiles, légers et libre.

Vous trouverez d’autres informations directement sur le site de la compagnie. Je vous laisse avec notre première vidéo :

Espace Privé from Jeanne Durussel on Vimeo.

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Obsolescence programmée ?

J’ai lu et entendu de tout sur l’obsolescence programmée. Ce qui me parait évident est qu’il sera très dur de démontrer qu’un fabricant a fait exprès de choisir des composants de moindre qualité pour que l’appareil construit lâche juste après la période de garantie. Toute action pénale dans ce sens me parait tout aussi couteuse qu’inutile.1

Et puis, le fait-il vraiment ?

Mon avis est que se poser cette question est une mauvaise idée, et est un mauvais combat. Au lieu de ça, je vous propose la réflexion suivante :

Les constructeurs font-ils tout ce qu’ils peuvent pour étendre au maximum la durée de vie des produits qu’ils produisent ?

On sent tout de suite que la réponse à cette question est un peu plus facile. Cela dit, ça ne rend pas plus aisée la chasse aux “mauvais” constructeurs ni ne permet de les sanctionner facilement.

Et pour la sanction venant des consommateurs, honnêtement, vu ce qu’il se passe, il me parait difficile d’argumenter sérieusement dans ce sens.

Je vous propose d’aller dans une autre direction. Qui aura les mêmes buts, mais qui n’aura pas du tout les mêmes contraintes : imposer une garantie de 5 ans sur tout le matériel.

Avec une telle règle, vous pouvez être sûr que les fabricants, pour maximiser leur profit, feront beaucoup plus d’effort pour étendre au maximum la durée de vie de leur produit, et qu’en tous les cas, ils n’ajouteront pas de défaut caché volontaire ou de pièces de plus faible résistance.

Alors certes, il est à craindre une légère augmentation du prix. Mais, au final, quand votre téléphone portable durera 2 fois plus longtemps, que votre chaine stéréo ne sera changée que 3 ans plus tard ou que votre ordinateur vous tiendra deux fois plus, les économies seront vite faites.2 Sans compter les bénéfices en terme de déchets et de consommation des ressources.

Alors qu’en pensez-vous ?

  1. Ce qu’essaie de faire la France par exemple. []
  2. Et je ne parle même pas des appareils électroménagers. []
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Comprendre l’informatique, comprendre le monde

Quand bien même les outils informatiques sont omniprésent dans notre vie, nombreux sont ceux qui, non seulement ne les comprennent pas, mais surtout, ne veulent pas les comprendre.

La fin du support de Windows XP par Microsoft est un très bel exemple du non-intérêt des utilisateurs pour leur système d’exploitation.

J’aimerais d’abord rappeler à quel point il est dangereux de laisser “les autres” s’occuper totalement de votre système d’information. Non que vous puissiez tout connaître, il est tout de même indispensable de connaître le fonctionnement général des outils que vous utilisez afin de connaître les risques auxquels vous vous soumettez.

Un logiciel, quel qu’il soit1,  a une durée de vie limitée. Cette durée est annoncée2. S’étonner de la fin du support n’est pas la bonne réaction. On peut contester la durée, la méthode, mais on ne peut pas reprocher à un éditeur de cesser le support d’un de ses produits quand celui-ci est clairement établis. Si celle-ci ne vous convient pas, libre à vous de prendre les mesures nécessaires et de vous tourner vers les solutions adéquates.

Les logiciels libres suivent les même règles3. Il n’y a pas différence majeure dans ce cas.

Il est d’ailleurs parfaitement compréhensible, étant donnée le travail que cela représente, qu’un éditeur cesse le développement de ses vieilles versions.

Je remarque plusieurs choses dans les réactions des utilisateurs fasse à cette fin de support. D’une part, la méconnaissance du travail que représente un logiciel. Le fait que ce produit soit dématérialisé, ne change pas le fait que celui-ci ai un cout à produire et à maintenir4. Et d’autre part, plus important encore, cette idée que la boîte noir qu’est un ordinateur doit fonctionner.

Je ne veux pas savoir comment ça marche, j’ai juste besoin que ça marche.

On fait souvent des analogies avec la voiture pour expliquer le fonctionnement de l’informatique. Mais cette comparaison à des limites très fortes. Par exemple, vous ne passez pas de permis pour utiliser un ordinateur. Et si prendre une voiture représente certains dangers évident, la perte de maîtrise sur notre environnement informatique induit des risques beaucoup plus pervers.

Je n’ai pas besoin de revenir sur le scandale dans l’écoute massive de la NSA. Je parlerais une prochaine fois de la tarification algorithmique et des dangers du vote électronique.

Restons sur les systèmes d’exploitation. L’éditeur à la pomme a très bien compris cette tendance des utilisateurs et propose des produits extrêmement simple à l’usage. Pour certaines tâches, on a même plus besoin de le demander, l’ordinateur5 le fait tout seul. Ce côté un peu magique a un revers: la fermeture du système. Votre ordinateur fait tellement de chose tout seul que vous ne savez plus du tout ce qu’il fait. Ceci est le résultat directe du manque d’intérêt de la part des utilisateurs.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas exiger un maximum de performance et de simplicité de la part de nos ordinateurs. Mais il faut cesser d’exiger d’eux des choses sans comprendre ce qu’ils font, ce qu’ils sont capable de faire et ce qu’implique de les laisser faire.

Ne soyez plus esclaves de vos ordinateurs, intéressez-vous à eux, sans quoi, vous n’aurez plus aucun contrôle.

Je me réjouis du jour ou l’on me demandera systématiquement la durée de support des produits que je vend.

 

  1. site web, système d’exploitation, ERP, … []
  2. Par exemple ici pour Windows []
  3. Par exemple pour ubuntu []
  4. les programmeurs, les locaux, les serveurs, … []
  5. je parle d’ordinateur au sens large, un smartphone est un ordinateur dans ce cas []
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Voter “intelligent”, voter “juste” ?

Après chaque votation1, on peut lire çà et là les commentaires de victoires, de défaites, des analyses et des consternations.

Loin de moi l’idée de vouloir empêcher quiconque de parler, mais il me semble que certaines remarques méritent une certaine critique.

Il y a les sempiternelles remarques mesquines, du genre :

La gauche s’est pris une droite. #SalaireMinimum

C’est le crash avant le décollage. #gRIPen

Pas très intelligent, pas très utile. A la limite drôle dans certains cas, lourd souvent.

Il y a le classique “le peuple a toujours raison”:

Le peuple a su rester lucide.

Le peuple n’a pas été aveuglé par les arguments de …

Outre qu’on ne cite ce genre de maxime que lorsqu’on est dans le camp des vainqueurs, on oublie souvent de remonter un tout petit peu dans l’histoire pour se rendre compte que ce n’est pas toujours vrai.2 Mais en démocratie, on ne peut pas prétendre que le peuple, ce souverain, ne soit pas infaillible.

Ce qui m’amène à une petite digression. On confond deux choses. Le fait que le peuple soit souverain n’implique pas une perfection absolue, et donc qu’il ne trompe jamais. Elle implique uniquement une puissance absolue3. Ce qui veut dire que ce que le peuple décide est ce qu’il doit être. Or refuser tous commentaires, toutes critiques à l’usage du pouvoir dont il dispose, transforme le dépositaire de ce pouvoir en souverain totalitaire. Or, la démocratie ne doit pas être une dictature de la majorité. Fin de la digression.

Et puis, il y a le vote intelligent. Ou le vote juste.

Les vaudois ont voté intelligemment.

J’ai voté comme le peuple, j’ai fait tout juste.

On le sens de suite: le juste implique le faux. L’intelligent, le bête.

Or pour qu’il y ait un juste, il nous faut un référentiel. On peut se rattacher à la science, mais dans le cas de votation, ce n’est pas toujours facile.4 Il nous reste donc le référentiel à une groupe, ou pire une personne.

Le plus simple (et populiste) serait de définir le “juste” comme étant ce qui est choisi par le peuple. Dans ce cas, il n’y a pas de barème avant la fin du vote. Et pour “faire juste”, il faut deviner ce que la majorité du peuple va décider. Ce genre de prophéties auto-réalisatrices sont bien connues, notamment en économie, et leur biais intrinsèques sont dangereux.

Ce n’est pourtant ce qui est le plus problématique. Ce qui me pose un grave problème, c’est de juger.

J’ai des avis, des convictions et des idées qui sont en contraction avec la moitié la population suisse5. Considérer que je suis dans le juste et eux dans le faux est absurde. Il s’agit d’un choix.

Et juger l’autre sur la base de son point de vue est le meilleur moyen de se détester. Vivre ensemble quand on se déteste ça peut vite devenir un véritable casse-tête. J’ai de la peine avec les gens qui n’argumentent pas. Ceux qui, tel le troll moyen, balancent une généralité et qui fuient toute discussion. Parce qu’ils empêchent que l’on se comprenne, que l’on s’explique notre point de vue. L’important, c’est que l’on puisse construire ensemble, en tenant compte des envies et des besoins de chacun. En jugeant comme faux une position, on le prend pas en compte, on n’essaie pas de comprendre son adversaire, et on finit par devoir imposer, à coup de vote sanction des solutions qui seront alors rejeté par une bonne partie de la population.

Chaque voix, chaque vote, chaque personne doit être respectée.

 

  1. curieusement, on voit moins ce phénomène après des élections []
  2. Et pas besoin d’aller chatouiller le point Godwin, merci. []
  3. Encore que aujourd’hui, avec la mondialisation, ce n’est pas aussi simple []
  4. On pourrait se rattacher à la science juridique. Et invoquer que  le viol d’autres normes ne soit pas “juste”. Mais ça serait simplifier le débat []
  5. Certains plus que cela si on prend en compte tous les sujets []
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J’aime la voiture

Mon 4000640282_fabc967ec4_bcôté militant politique est assez connu de mon entourage et de mes connaissances. Cependant, je remarque que passablement de mes points de vue ne sont pas compris, ou mal compris. Voici une donc une occasion de faire le point sur quelques-uns. Aujourd’hui: la voiture.

On assez facilement tendance à me coller l’étiquette d’anti-voiture. Probablement parce que je n’en ai pas et que je prône l’utilisation des transports publics. Alors bien évidement, le jour où j’utilise une voiture on me fait des remarques.1 Comme si le fait d’être “écolo” devait forcément faire de moi un négationniste de la modernité et que je n’aie le droit que de manger des racines et de m’éclairer à la bougie. 2

Ce n’est pas comme ça que je vis. J’utilise même fréquemment une voiture. Que ce soit dans mon travail, ou pour me rendre dans des lieux peu ou pas accessibles en transports publics.3 Et comble de l’horreur: ça ne me pose aucun problème.

Ce qui pose un problème avec la voiture, c’est son utilisation trop massive, pas adaptée ou inutile que l’on en fait. C’est contre ça que je me bats. Et pas contre son utilisation raisonnée et utile, voire indispensable4. Le trajet, tout particulièrement les trajets quotidiens le long des grands axes ferroviaires me semble par exemple un immense gâchis.

Le gâchis est même double. D’une part, avec la diminution des ressources en pétrole, le prix de la mobilité personnelle va augmenter, et ce que je peux faire aujourd’hui à moindre frais, me coutera beaucoup plus cher demain. Mais aussi simplement à plus court terme, circuler sur des routes complètements bondées est un calvaire.

Pendant des années j’ai eu une voiture. Et je criais à tout va que je ne pourrais pas vivre sans, parce que ci, ou parce que ça. Et puis ma voiture est morte. J’ai en pas rachetée une, pour voir.

Alors oui, passer d’un mode de vie avec voiture à un sans voiture, c’est quelques changements à faire.5 Mais je peux vous assurer que c’est possible pour bien plus de monde que vous ne le pensez, peut-être même vous.

Essayez, pour voir.

 

Photo Credit: hubertguyon via Compfight cc

  1. Certains amis le font pour se moquer sympathiquement de moi, ils ne sont pas visé ici []
  2. On reproche d’ailleurs souvent aux “écolos” de vouloir un retour à l’éclairage à la bougie. []
  3. J’utilise passablement le service de partage de voiture Mobility. []
  4. Les verts n’ont jamais demandé au ambulancier de prendre le bus []
  5. Je fais une partie de mes courses en ligne, je dois faire un peu plus attention aux horaires, … []
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Le choc silencieux

On commence par vouloir faire la surprise à tout le monde. Alors on ne dit rien.  Et puis, de toute façon, on nous a dit qu’il ne fallait rien dire  avant 3 mois, parce qu’avant, on est pas sûr. On se tait donc. Mais on trépigne.

3 mois, rien ne vient.

Il ne faut pas être trop impatients tout de même.

6 mois, rien.

C’est normal, ça ne marche pas à tout les coups, ni tout de suite. Il faut savoir être patients. La pilule ça bouleverse pas mal de choses, il faut un moment pour que ça rentre dans l’ordre. Une année, c’est un délai normal, lit-on.

1 an, toujours rien.

Différents tests de grossesses négatifs faits, en l’absence d’autres repères (parce qu’on ne sait pas). Cette incertitude commence à devenir pesante. Mais on ne perd pas espoir. Quand j’ai fait semblant que nous ne voulions pas d’enfant, ce n’était pas vraiment un mensonge, nous voulions faire la surprise.

1 an et demi.

Quand on est sorti de la première consultation au CPMA, tout allait bien, nous allions faire les examens préliminaires afin de déterminer les causes de notre non-réussite et nous allions savoir pourquoi.

Résultats.

Pour le médecin c’est simple: rien de vraiment grave, la machine est un peu grippée, ne produit pas d’hormones, alors on va mettre de l’huile. En l’occurrence il s’agit d’une stimulation hormonale de plusieurs jours1 après lesquels il faut tout faire comme si vous étiez enceinte, alors qu’on en sait rien2. Pour lui, on commençait demain.

Stupéfaction.

Stop. Un peu de calme pour réfléchir. Nous posons quelques questions. Nous réussissons au final à extorquer quelques informations à notre interlocuteur. Dans ce genre de situations où l’émotion prend une place très importante, la capacité de réflexion n’est pas à son paroxysme.

Nous avons décidé de laisser passer encore un peu de temps, d’essayer des solutions un peu moins violentes, et de revenir le cas échant.

2 ans et demi.

Quelques amis proches savent maintenant la situation dans laquelle nous sommes. Cette annonce retardée ressemblait avec le temps à un mensonge orchestré, et cette sensation de double vie n’était plus tenable. La pression, même involontaire, des naissances autour de nous, de nos familles qui posent quelques questions en toute innocence sur le sujet, est bel et bien réelle.

3 ans.

Le traitement, finalement tenté, a été un échec. Et franchement, avoir des rapports sexuels inscrit dans l’agenda, n’est pas le meilleur souvenir que j’aurais de ma vie. Quand on retourne voir notre doc, pour lui rien d’anormal. Oui, le traitement ne fait que ramener la probabilité3 de tomber enceinte à une valeur normale, un peu supérieure en fait parce que l’ovulation est contrôlée donc en ayant des rapports au bon moment on augment les chances. Si ça a échoué, il faut simplement recommencer tout cela une ou deux fois, et ça sera bon.

Pourtant, ce type4, il doit bien savoir ce que ça représente un traitement hormonal. Il doit bien savoir à quel point c’est traumatisant pour une femme. Et après qu’on le lui aie fait remarquer, poliment, il ose encore nous asséner que nous aurions pu bénéficier de leur service d’accompagnement.

Connard.5. Nous étions déjà d’accord bien avant de commencer tout ça, que nous ne ferions pas n’importe quoi pour avoir un enfant…

Nous avons donc arrêté là.

Et nous avons, enfin, dit à tous le monde. Y compris nos familles.

S’il y a bien une chose que l’on dit et qu’à mon avis il ne faut surtout pas écouter au pied de la lettre, c’est cette foutue règle des trois mois. Bien évidement, il ne s’agit pas de le dire à tous. Mais parlez-en de toute façon à un petit groupe d’amis6.  Bien sûr quand tout va bien, c’est merveilleux. Le problème, c’est que cette façon de faire donne l’impression que tout va bien pour tout le monde, puisque personne (ou presque) n’en parle quand ça ne va pas.

Dans le silence, dans ce blackout des 3 mois, s’il vous arrive quoi que ce soit, alors vous êtes seul. Seul pour affronter votre échec, votre deuil. Et c’est très dur.

Le nombre de fausses couches ou de couple qui sont sujet à une infertilité ou une hipo-fertilité, est très grand. Bien plus que ce qu’on pense.7 Le nombre de couples faisant appel à la procréation médicalement assisté est en augmentation. Et toutes ces situations, ne sont pas simple à vivre. Les vivre seuls empire les choses.

Heureusement, c’est en train de changer, il me semble…

 

Quelques liens sur le sujet :

 

  1. on parle de plusieurs injections []
  2. Et que les tests de grossesses ne fonctionne pas, puisqu’ils sont basé sur les mêmes hormones qui sont injectées. []
  3. Si je me souviens bien au alentour des 25% []
  4. et je me retiens d’écrire des insultes []
  5. oups…)

    Aucune information précise avant le traitement sur les chances de succès, aucun accompagnement humain ((et je ne vous parle pas des autres péripéties ou on a eu l’impression d’être traité comme du bétail []

  6. personnellement, j’éviterais la famille, mais c’est à vous de voir []
  7. A ce sujet, je tiens à préciser qu’il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre de stimulation hormonale en Suisse. []
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L’homophobie, tout simplement

Lors d’une discussion simple autours de petits artisans de la région, l’un de mes proches me parle d’un sculpteur tout à fait brillant semble-t-il. Il réalise différentes pièces qui sont vendues directement par l’artiste ou données à des associations caritatives dans l’objectif de réaliser quelques revenus pour financer leurs activités.

– Tu sais, il est vraiment très sympa. Il m’a dit que je pourrais passer prendre le reste mercredi prochain, lui ne sera pas là, mais son compagnon oui. Il est serviable, tellement attentionné. Je me demande s’ils sont tous comme ça.

– Il y a des gens sympas, comme des cons partout…

– Oui, je sais bien. Oh, et puis tu sais, il a un frère, tout différent. Qui lui est tout à fait normal. Il travaille dans …

– Tu sais, l’homosexualité n’est pas anormale.

– Oui, je sais bien, enfin… je voulais dire qu’il a une famille, tu vois.

A ce moment-là, je me suis habillement dérobé à la conversation. Le plus inquiétant, c’est que ce genre de propos sont tenus manière totalement anodine. Comme s’il s’agissait de l’évidence même.

J’entends déjà les contestataires qui vont me rétorquer: “Mais arrête de nous ennuyer, ce n’est pas pensé à mal, et si on doit réfléchir à tout ce qu’on dit…”

Non, on ne doit pas réfléchir à tout ce qu’on dit, mais il est tout de même important de faire un minimum attention. En revanche, il est de bon ton de se rétracter quand on dit une parole blessante et que quelqu’un vous le fait remarquer. Finalement, ce n’est parce que ce n’est pas pensé à mal, que ça ne fait pas mal.

 

 

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Une expérience culinaire

Nous arrivons à Bâle. Le voyage a été suffisamment long pour que nous pussions nous reposer. La soirée d’hier soir était mémorable. Je sais pourquoi je suis là: c’est un cadeau. Mais je ne sais pas de quoi il s’agit. Nous cherchons notre chemin pour nous rendre jusqu’à notre hôtel, où nous nous délestons de toutes nos affaires.

Nous reprenons aussitôt les chemins de la ville. J’aime beaucoup me balader dans les villes. Il fait un peu froid aussi nous marchons d’un bon pas. Et puis, nous avons faim aussi.

Nous entrons dans l’établissement. Petits casiers à droite, nous y déposons toutes nos affaires. La décoration est assez lounge. Une vielle usine reconvertie. La réceptionniste nous répond dans un français parfait après que nous lui ayons adressé une demi-phrase dans une langue que j’ai de la peine à nommer allemand. Elle nous explique. Nous choisissons notre formule. C’est vraiment bien qu’elle parle français.

Nous patientons pas mal. Beaucoup de monde, beaucoup de succès. Sans réservation impossible d’y entrer. Nous savons que notre serveur s’appelle Josh, et nous l’attendons en regardant dans les cuisines à travers une vitre. Très jolies assiettes.

Josh se présente à nous. Il nous dit trois mots sur lui, et comment nous devons faire. Dociles et excités nous nous exécutons et le suivons donc dans la salle, tous à la queue leu leu. Il nous installe à notre table, l’un en face de l’autre. A ma droite, des tables de services? A ma gauche, 6 convives, trois hommes et trois femmes. Juste à côté de moi, un homme. Assez jeune. Ils parlent tous allemand, en suisse-allemand. Au loin, j’entends les serveurs qui se déplacent en annonçant : “Service! Service!”.

L’environnement est assez stressant pour moi: Mes sens sont tous en alertes maximales. J’essaie, du mieux que je peux, de reconstruire les alentours. Causé très probablement par mon besoin de connaître et de maîtriser mon environnement. Cet exercice est très fatigant. Pour mon interlocutrice en face de moi, les choses sont très différentes: Un lâcher-prise total, se laisser aller au moment présent.

Notre serveur revient avec les boissons que nous avons commandées. Vin rouge et eau plate. C’est lorsque nous aurons fini notre premier verre, servit par Josh, que les choses vont commencer à se compliquer. Avez-vous déjà essayé de remplir un verre dans le noir complet? En ne sachant pas ce qu’il reste dans le verre, ni même sa taille exacte?

C’est pourtant bien ce que nous avons dû faire dans ce restaurant ou l’on mange à l’aveugle: Blindekuh.

S’il  y a bien un conseil que je peux vous donner si vous allez dans un de ces établissements, c’est de respecter à la lettre les consignes données par votre serveur. Un verre, rempli de vin qui plus est, ne se trouvant pas à la bonne place au moment où les assiettes sont servies, peut très rapidement aboutir à une catastrophe liquide sur toute la table.

Bien évidemment, nous n’avions aucune idée du contenu de notre assiette, et nous nous sommes essayé à la devinette. Pas d’inquiétude à avoir, on vous donne les réponses lorsque vous sortez. Le plus difficile n’a pas été de trouver que nous avions un morceau de poularde, mais de découper des bouchées de taille raisonnable et que tout reste dans notre assiette.

Le plus étrange, ce n’est pas la nourriture. C’est l’autre. La communication avec l’autre. Dès que vous ne faites plus de bruit, vous n’existez plus. Alors qu’habituellement un sourire, un regard, ou un hochement de tête, vous suffit pour signaler à votre interlocuteur que vous le suivez et l’écoutez. Dans le noir complet, c’est tout différent. Et le lendemain, lorsque je parle de mon expérience, c’est une impression étrange qui me reste, comme un rêve.

Il ne faut par contre pas croire que c’est ce que vivent les aveugles ou malvoyants. Pour eux, c’est bien pire. En effet, si je ne voyais rien, personne ne me voyais non plus. J’ai donc pu lécher tranquillement mon assiette sans que personne ne le sache et donc me le reproche. Alors que pour un aveugle, non seulement il ne voit rien, mais en plus, les autres le voient.

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Offrir son aide

Alors que je faisais mes premières recherches pour faire mes cadeaux de Noël et de fin d’année. Je me demandais comment allier le plaisir d’offrir, d’aider des personnes dans le besoin, et d’éviter de faire marcher la machine à consommer de fin d’année. Il est évident que mon niveau de vie est excellent, et non que je me sente coupable, j’aime à partager mon bien être. Tout particulièrement quand j’ai tout ce qu’il me faut.

Je me suis donc mis à butiner des informations de ci de là et finalement, je suis tombé sur une action de l’EPER. Cette action – dont on trouve des équivalents aux Etats-Unis1, en Grande-Bretagne2, en Finlande3 etc. –  vous propose d’offrir une poule à votre belle-mère, un canard à votre mari, ou encore des vers de terre à votre oncle.4. Ils appellent ça offrir son aide.

Fondé il y a 5 ans, ce programme a un succès grandissant chaque année, ses coûts de fonctionnement très bas5 sont même en diminution vu que peu d’investissement est aujourd’hui nécessaire.

Bien évidemment, le destinataire du cadeau ne reçoit pas la marchandise, mais un certificat. Ce certificat vous garantit qu’à l’autre bout de la chaine, les gallinacés seront bien livré en Inde, les caqueteurs au Bangladesh, et les lombrics aux Philippines. Finalement, les réels bénéficiaires de votre cadeau se seront ces agriculteurs, maraichers ou familles très pauvres, dont l’EPER améliore chaque jour un peu le niveau de vie.

Il m’a semblé que c’était une manière intelligente d’offrir, pratique et parfaitement en phase avec notre société, et avec nos valeurs.

  1. Heifer []
  2. Present aid []
  3. Finn church aid []
  4. Pour la liste complète voir:  http://www.offrir-son-aide.ch/cadeaux/tous-les-cadeaux/ []
  5. environs 13%, selon la certification ZEWO []
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Le théâtre ou l’art de faire qu’une seule chose à la fois

J’entends souvent des témoignages de gens qui se déconnectent. Trop d’informations, trop d’amis, trop de sollicitations finissent par les avoir et ils craquent, ils arrêtent tout.

On voit aussi des agences de voyages qui proposent des vacances “déconnectés”. Ce qui d’ailleurs relève du même mécanisme : l’excès. On fait tout à fond. Soit on est hyper connecté, soit complètement déconnecté.

Mais comme souvent, on entend que peu de commentaires variés, et toujours des extrêmes. Il existe tout de même une majorité de gens pour qui une consommation raisonnable de la connexion est le quotidien. Une majorité qui ne parle pas de son problème parce qu’elle n’en a tout simplement pas. Je pense qu’il faut être tout à fait vigilant avec sa consommation numérique, tout particulièrement avec les enfants((Appliquez la règle 3-6-9-12 http://www.sergetisseron.com/blog/la-regle-3-6-9-12-relayee-par-l)). 

Le plus grand reproche fait à l’encontre des appareils mobiles est qu’il déconnecte les gens du moment présent. Et c’est vrai: le portable permet cet accès instantané à tout sauf ce qui est juste là devant nous. Il y a aussi de ce côté un certain problème, peut-être une tendance que nous autre homo sapiens avons… La vague de Mindfullness pourrait être un indice d’une tentative de mouvement inverse.

Cela dit, il y a tout de même d’autres indices plus parlant. Au théâtre, on ne fait que regarder un spectacle. Au cinéma on ne peut pas mettre sur pause pour aller aux toilettes ou aller chercher son plateau-repas. Il y a une forme de limitation des possibilités qui va à l’encontre du bon sens pour certains. Une restriction (apparente ?) des libertés dont on veut nous faire croire qu’elle va faire se vider les salles de cinéma. Et on dit ça depuis au moins 10 ans. Mais est-ce vraiment le cas ?

Il y a 10 ans, j’allais moi-même un peu plus souvent au cinéma et au théâtre (1-2 par semaine pour chacun). Ce qui compte pourtant, c’est de savoir combien les personnes qui ont 10 de moins que moi aujourd’hui vont au cinéma et au théâtre. Ce que je constate en tout cas, c’est que quand je sors, je ne tombe pas sur des salles vides, et il y a bien longtemps que je n’ai pas vu un cinéma fermer…

Et cela me fait penser que non seulement nous n’avons pas perdu cette capacité à être à un seul endroit à faire une seule chose, mais qu’en plus, c’est un besoin assez ancré pour que nous gardions la vigilance nécessaire au maintien de ce type d’activité.

 

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